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Actualité
2005
Voie métrique, voie normale ?
Voie métrique, voie normale ?
Mis en ligne le samedi 26 février 2005
par Jean-Louis Gamba
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L’attribution des concessions par l’Etat et le choix du tracé des lignes ont toujours généré de larges débats (doux euphémisme). Constitutions de sociétés financières (plus ou moins sérieuses pour certaines), déclarations solennelles des conseils municipaux désireux d’obtenir que le train passe et s’arrête sur leur territoire, désenclavement des préfectures et des sous préfectures, intérêt public, intérêt local et, bien sûr, coût financier d’établissement et bénéfices espérés constituaient les ingrédients récurrents préalables à toute décision définitive pour l’établissement des lignes ferroviaires.
En tous lieux, en tous temps... et même encore de nos jours, si l’on considère les controverses relatives au TGV Est.
Dans la plupart des cas, des intérêts concurrents actifs plus ou moins influents tentaient de peser sur les avis des ingénieurs des Ponts et Chaussées chargés des études et du Ministre qui, au final, prenait toujours la décision dont il fallait se féliciter (ça non plus, ça n’a pas changé !).
Aujourd’hui, on parlerait de « lobbying » (messieurs en habit vert, si jamais vous parcourez ces lignes, faute de parcourir celle du Mastrou, pardonnez-moi ce terme qui ne figure pas encore à votre bréviaire).
Mais un autre intervenant non négligeable ne manquait pas d’émettre des avis et surtout des exigences sur ces questions : je veux parler du Ministère de la Guerre.
« A l’époque où se passe cette histoire », l’Europe n’était nullement stabilisée et des tensions internationales latentes occupaient évidemment les esprits du commandement militaire chargé de défendre la Patrie. Heureusement de nos jours, l’Europe est apaisée et les trains passent des frontières ouvertes.
A l’époque donc, ce ministère tout puissant, intervenant au nom des « intérêts supérieurs de l’Etat », en vint à déclarer certains projets de lignes comme étant stratégiques en cas de conflit. De la même façon, certains autres projets firent l’objet d’un avis très négatif. Un tracé trop proche, trop loin, pas assez protégé, ou bien ne permettant pas de doubler une ligne existante jugée éventuellement menacée devait être revu, voire abandonné.
De telles contraintes furent imposées dans de très nombreuses régions frontalières, mais aussi à proximité du littoral (en cas d’attaque par la mer), de l’intérieur du pays, voire insulaire (Corse). La possibilité de transport de troupes et de matériel fut décisive pour certaines lignes autour de la capitale et de certaines grandes villes mais aussi pour des tracés alternatifs (de secours) en cas d’interception des lignes principales du fait d’un conflit (réseau de la Compagnie de l’Est).
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